Produit
ln(ab) = ln(a) + ln(b), pour a > 0 et b > 0.
Méthode logarithme Terminale — méthode ln Terminale
Devant un exercice avec ln, le but est de suivre une routine fiable : vérifier le domaine, utiliser les propriétés, résoudre, dériver, puis relier variations et limites. Cette méthode logarithme Terminale te donne les bons réflexes étape par étape.
Cette routine évite de se lancer dans les calculs avant d'avoir sécurisé le domaine et choisi le bon outil.
La fonction ln n'est définie que sur ]0 ; +∞[. Avant tout calcul, on écrit la condition d'existence : l'expression placée dans le logarithme doit être strictement positive.
C'est cette condition qui donne le domaine de définition logarithme terminale et qui élimine d'avance certaines valeurs. Beaucoup d'erreurs viennent simplement d'un domaine oublié.
Ces propriétés ne valent que pour des nombres strictement positifs. Elles servent à transformer une expression avant de résoudre ou de dériver.
ln(ab) = ln(a) + ln(b), pour a > 0 et b > 0.
ln(a/b) = ln(a) − ln(b), pour a > 0 et b > 0.
ln(aⁿ) = n × ln(a), pour a > 0 et n entier.
On passe à l'exponentielle : ln(x) = a équivaut à x = eᵃ, avec x > 0. C'est la traduction directe pour comment résoudre une équation avec ln.
Comme ln est strictement croissante, l'équation équivaut à A = B, avec A > 0 et B > 0. On résout, puis on vérifie que les solutions appartiennent au domaine.
La dérivée logarithme terminale de référence est (ln x)′ = 1/x sur ]0 ; +∞[. Pour une expression composée ln(u), on utilise (ln u)′ = u′/u, valable quand u est strictement positive et dérivable.
Le réflexe à garder : on ne dérive jamais ln(u) comme si c'était ln(x). Il faut d'abord repérer u, puis appliquer u′/u.
Le signe de la dérivée donne les variations. Comme 1/x est strictement positive sur ]0 ; +∞[, la fonction ln est strictement croissante.
Quand x tend vers 0 par valeurs positives, ln(x) tend vers −∞. Une limites logarithme méthode classique à ne pas ignorer.
Quand x tend vers +∞, ln(x) tend vers +∞, mais lentement. On utilise les croissances comparées, comme ln(x)/x qui tend vers 0.
Dès qu'un ln contient autre chose que x, on travaille avec ln(u). Le réflexe est toujours le même.
On identifie d'abord u, on vérifie que u > 0 pour fixer le domaine, puis on applique les bons outils : propriétés de ln pour transformer, et (ln u)′ = u′/u pour dériver.
La rédaction doit montrer chaque étape : domaine, dérivée, puis résolution.
On considère f(x) = ln(x − 1). Déterminer le domaine, calculer f′(x), puis résoudre f(x) = 0.
Domaine : il faut x − 1 > 0, donc x > 1. Le domaine est ]1 ; +∞[.
Dérivée : avec u = x − 1 et u′ = 1, on a f′(x) = u′/u = 1/(x − 1).
Équation : f(x) = 0 donne ln(x − 1) = 0, donc x − 1 = 1, c'est-à-dire x = 2. Cette valeur est bien dans le domaine.
Dans l’exemple guidé, la valeur trouvée tombait d’elle-même dans le domaine. Ce n’est pas toujours le cas. Regrouper deux ln peut agrandir le domaine et faire apparaître une solution impossible ; séparer un ln peut au contraire le réduire et faire perdre des solutions.
Les deux résolutions qui suivent sont des exemples originaux SprintMaths, rédigés comme sur une copie. Dans les deux cas, le domaine est écrit en premier et décide de la réponse finale.
La routine en quatre temps
Résoudre dans ℝ : ln(x − 3) + ln(x + 2) = ln(14).
Domaine : les deux logarithmes doivent exister, donc x − 3 > 0 et x + 2 > 0, c’est-à-dire x > 3 et x > −2. Les deux conditions ensemble donnent D = ]3 ; +∞[.
Transformation valide : sur D, les nombres x − 3 et x + 2 sont strictement positifs. On peut donc regrouper la somme en un seul logarithme.
ln(x − 3) + ln(x + 2)= ln((x − 3)(x + 2))donc ln((x − 3)(x + 2)) = ln(14)
Comme ln est strictement croissante sur ]0 ; +∞[, deux nombres strictement positifs qui ont le même logarithme sont égaux. Sur D, l’équation équivaut donc à :
(x − 3)(x + 2) = 14x² + 2x − 3x − 6 = 14x² − x − 20 = 0(x − 5)(x + 4) = 0
Solutions candidates : x = 5 ou x = −4. On vérifie la factorisation en développant : (x − 5)(x + 4) = x² − x − 20.
Intersection avec le domaine : 5 est dans D = ]3 ; +∞[, mais −4 n’y est pas.
Contrôle : pour x = 5, on obtient ln(2) + ln(7) = ln(2 × 7) = ln(14).
Pourquoi rejeter −4 ?
Pour x = −4, on a x − 3 = −7 et x + 2 = −2. Leur produit vaut bien 14, donc ln((x − 3)(x + 2)) existe. Mais dans l’équation de départ, ln(−7) et ln(−2) n’existent pas dans ℝ. Le regroupement a agrandi le domaine : −4 vérifie l’équation transformée, pas celle de l’énoncé.
Conclusion : l’équation a une seule solution, S = {5}.
Résoudre dans ℝ : ln((x − 1)/(x + 2)) ≥ 0.
Domaine : il faut x ≠ −2 pour que le quotient existe, et (x − 1)/(x + 2) > 0 pour que son logarithme existe. Le signe d’un quotient se lit dans un tableau de signes.
| x | −∞ | −2 | 1 | +∞ | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| x − 1 | − | − | 0 | + | |||
| x + 2 | − | 0 | + | + | |||
| quotient | + | valeur interdite | − | 0 | + |
Le quotient est positif quand x − 1 et x + 2 ont le même signe : tous deux négatifs pour x < −2, tous deux positifs pour x > 1. En x = −2, le dénominateur s’annule : valeur interdite. En x = 1, le quotient vaut 0, et ln(0) n’existe pas. Le domaine est donc D = ]−∞ ; −2[ ∪ ]1 ; +∞[.
Transformation valide : on écrit 0 = ln(1). Comme ln est strictement croissante, pour tout x de D :
ln((x − 1)/(x + 2)) ≥ ln(1)⟺ (x − 1)/(x + 2) ≥ 1
On ne multiplie pas par x + 2, dont le signe change sur D. On passe tout du même côté et on réduit au même dénominateur :
(x − 1)/(x + 2) − 1 ≥ 0(x − 1 − (x + 2))/(x + 2) ≥ 0−3/(x + 2) ≥ 0
Solutions candidates : le numérateur −3 est négatif et ne s’annule jamais. Le quotient −3/(x + 2) est donc positif ou nul exactement quand x + 2 est strictement négatif, c’est-à-dire pour x < −2.
Intersection avec le domaine : ]−∞ ; −2[ est entièrement contenu dans D. Sur ]1 ; +∞[, le quotient s’écrit 1 − 3/(x + 2), qui reste strictement inférieur à 1 : aucune solution de ce côté.
Contrôle : pour x = −3, le quotient vaut (−4)/(−1) = 4 et ln(4) > 0 : −3 est bien solution. Pour x = 2, il vaut 1/4 et ln(1/4) < 0 : 2 n’est pas solution. Ces deux valeurs illustrent le résultat ; la preuve, elle, est le calcul fait sur tout D.
Le piège : séparer le ln dès le départ
L’égalité ln((x − 1)/(x + 2)) = ln(x − 1) − ln(x + 2) n’est vraie que si x − 1 et x + 2 sont tous deux strictement positifs, c’est-à-dire pour x > 1. Pour x < −2, ln(x − 1) n’existe pas. En séparant, on travaille donc sans le dire sur ]1 ; +∞[ seulement : on obtient x − 1 ≥ x + 2, soit −1 ≥ 2, impossible, et on conclut à tort qu’il n’y a aucune solution. Toute la branche x < −2 est perdue.
Conclusion : l’ensemble des solutions est S = ]−∞ ; −2[.
À retenir
Le logarithme se maîtrise en alternant méthode courte et exercices corrigés. Commence par des cas simples, puis passe aux exercices type bac guidés.
La fonction ln n'est définie que sur ]0 ; +∞[ : tout ce qui est placé dans un logarithme doit être strictement positif. Vérifier le domaine en premier évite de garder des solutions impossibles et oriente toute la résolution.
Pour une expression composée, (ln u)′ = u′/u, valable lorsque u est strictement positive et dérivable. Pour la fonction de base, (ln x)′ = 1/x sur ]0 ; +∞[. On ne dérive donc jamais ln(u) comme si c'était ln(x).
On utilise que ln et l'exponentielle sont réciproques : ln(x) = a équivaut à x = eᵃ, avec x > 0. Quand l'équation est du type ln(A) = ln(B), elle équivaut à A = B car ln est strictement croissante, après vérification du domaine.
Il ne faut jamais écrire ln(a + b) = ln(a) + ln(b) : c'est faux. Seul le produit se sépare en somme, avec ln(ab) = ln(a) + ln(b). La somme à l'intérieur d'un ln ne se simplifie pas ainsi.
On retient deux comportements de référence : ln(x) tend vers −∞ quand x tend vers 0 par valeurs positives, et vers +∞ quand x tend vers +∞. Pour lever une forme indéterminée, on pense aux croissances comparées, comme ln(x)/x qui tend vers 0 en +∞.
Il faut isoler l'étape qui coince : domaine, propriété de ln, équation, dérivée ou limite. Un exercice guidé ou le diagnostic permet de retravailler seulement la brique fragile au lieu de tout reprendre.