Terminale spécialité — combinatoire et dénombrement

Combinatoire et dénombrement en Terminale spécialité maths

La vraie difficulté n'est pas de calculer : c'est de répondre à deux questions avant tout calcul. Que dois-je compter ? Et dans quel ordre ?

Utilise d’abord le tableau de décision, puis justifie la méthode choisie avec les six exercices corrigés.

Le réflexe central

Quelle méthode de dénombrement utiliser ?

Décris d'abord l'objet final : une catégorie, une suite de choix, un ordre ou un groupe. La formule vient seulement après.

Situation → question → méthode
SituationQuestion à se poserMéthode
Je répartis les possibilités en catégories incompatibles.Un résultat peut-il appartenir à deux catégories ?Principe additif : additionner les effectifs des cas disjoints.
Je fais plusieurs choix successifs.Combien de possibilités restent à chaque étape ?Principe multiplicatif : multiplier le nombre de choix de chaque étape.
J’ordonne tous les objets distincts.Deux ordres différents comptent-ils comme deux résultats ?Permutation de n objets : n!.
Je choisis puis j’ordonne k objets distincts parmi n.L’ordre intervient-il et les répétitions sont-elles interdites ?Produit n(n−1)…(n−k+1).
Je choisis k objets parmi n sans tenir compte de l’ordre.Le groupe {A, B} est-il le même que {B, A} ?Combinaison : C(n,k).
Je forme un sous-ensemble de taille quelconque.Pour chaque élément, ai-je seulement le choix de le prendre ou non ?Nombre de parties d’un ensemble à n éléments : 2ⁿ.

Principes additif et multiplicatif

Quand additionner ?

Si un résultat appartient à exactement un cas parmi plusieurs cas incompatibles, l'effectif total est la somme des effectifs. Par exemple, choisir un dessert parmi 4 fruits ou 3 yaourts donne 4 + 3 = 7 choix.

Si les catégories se chevauchent, il faut d'abord retirer ou traiter l'intersection pour éviter un double comptage.

Quand multiplier ?

Si la construction exige plusieurs étapes et si le nombre de choix à chaque étape est fixé indépendamment des choix précédents, on multiplie ces nombres. Sinon, on sépare les cas ou on utilise un arbre. Un code de 3 lettres choisies parmi 26 avec répétition autorisée donne 26³ codes.

Sans répétition, les choix diminuent : 26 × 25 × 24.

Factorielle n! et permutations

Pour n ≥ 1, n! = n × (n−1) × … × 2 × 1. Par exemple, 4! = 24. La convention 0! = 1traduit le fait qu'il existe une seule façon d'ordonner aucun objet : ne rien placer.

Ordonner n objets distincts utilise tous les objets et donne n! permutations. Si l'on remplit seulement k positions sans répétition, on obtient n(n−1)…(n−k+1) listes ordonnées.

Choisir k éléments parmi n : coefficients binomiaux

Pour n∈ℕ et k∈{0, …, n}, C(n,k) compte les parties à k éléments d'un ensemble à n éléments. L'ordre ne compte pas : le groupe{A, B} est identique au groupe {B, A}.

Formules utiles et sens combinatoire
PropriétéÉcritureInterprétation
Calcul directC(n,k) = n! / (k!(n−k)!)Choisir k objets sans les ordonner.
SymétrieC(n,k) = C(n,n−k)Choisir les k objets gardés revient à choisir les n−k objets écartés.
Relation de PascalC(n,k) = C(n−1,k−1) + C(n−1,k)Pour 1≤k≤n−1, on sépare les groupes qui contiennent un élément fixé de ceux qui ne le contiennent pas.
Lien avec la loi binomialeP(X=k) = C(n,k)pᵏ(1−p)ⁿ⁻ᵏC(n,k) compte les positions possibles des k succès.

Parties d’un ensemble

Une partie est un sous-ensemble de taille quelconque, y compris l'ensemble vide et l'ensemble entier. Pour chacun des n éléments, deux choix sont possibles : le prendre ou ne pas le prendre. Il y a donc 2ⁿ parties. Avec 5 garnitures facultatives, on peut composer 2⁵ = 32 sélections différentes.

Six exercices corrigés progressifs

Exercice 1 — choix simples

Répartir les cas avant de compter

Question : Une médiathèque propose 4 romans ou 3 bandes dessinées. Combien de livres différents peut-on choisir si l’on n’en prend qu’un ?

Piège à éviter

Additionner des catégories qui se chevauchent ferait compter certains livres deux fois.

Méthode

Les deux catégories sont incompatibles : un livre de la liste est classé ici soit comme roman, soit comme bande dessinée.

Calcul

4 + 3 = 7

Pourquoi cette méthode ?

On choisit dans un cas ou dans l’autre ; le principe additif est donc adapté.

Réponse

On peut choisir 7 livres différents.

Exercice 2 — principe multiplicatif

Construire une tenue

Question : On dispose de 4 hauts, 3 pantalons et 2 paires de chaussures. Combien de tenues composées d’un article de chaque type peut-on former ?

Piège à éviter

Additionner 4, 3 et 2 alors que les choix doivent être réalisés successivement.

Méthode

Pour chaque haut, 3 pantalons sont possibles et, pour chaque couple obtenu, 2 paires de chaussures restent possibles.

Calcul

4 × 3 × 2 = 24

Pourquoi cette méthode ?

La tenue exige un premier choix et un deuxième et un troisième : on multiplie.

Réponse

On peut former 24 tenues.

Exercice 3 — permutation

Ordonner cinq présentations

Question : Cinq élèves distincts passent successivement à l’oral. Combien d’ordres de passage sont possibles ?

Piège à éviter

Utiliser 5 choix à chaque place autoriserait qu’un même élève passe plusieurs fois.

Méthode

On ordonne les cinq élèves : 5 choix pour la première place, puis 4, puis 3, puis 2, puis 1.

Calcul

5! = 5 × 4 × 3 × 2 × 1

5! = 120

Pourquoi cette méthode ?

Tous les objets sont distincts, tous sont utilisés et l’ordre compte : c’est une permutation.

Réponse

Il existe 120 ordres de passage.

Exercice 4 — combinaison

Choisir trois délégués

Question : On choisit 3 délégués parmi 8 élèves, sans fonction particulière. Combien de groupes sont possibles ?

Piège à éviter

Compter séparément les ordres A-B-C, B-A-C, etc., alors qu’ils décrivent le même groupe.

Méthode

Il faut choisir 3 personnes parmi 8 sans les ordonner : on utilise le coefficient binomial C(8,3).

Calcul

C(8,3) = (8 × 7 × 6) / (3 × 2 × 1)

C(8,3) = 56

Pourquoi cette méthode ?

Aucune fonction ne distingue les trois personnes ; seul le sous-ensemble choisi compte.

Réponse

Il existe 56 groupes de trois délégués.

Exercice 5 — méthodes combinées

Former un bureau

Question : Parmi 10 candidats, on choisit un président puis deux assesseurs de même statut. Combien de bureaux sont possibles ?

Piège à éviter

Ordonner les deux assesseurs entre eux les compterait deux fois.

Méthode

On choisit d’abord le président, puis un groupe non ordonné de 2 assesseurs parmi les 9 personnes restantes.

Calcul

10 × C(9,2)

10 × 36 = 360

Pourquoi cette méthode ?

Le rôle de président rend le premier choix distinct ; les deux assesseurs, eux, forment une combinaison.

Réponse

On peut former 360 bureaux.

Exercice 6 — contexte probabiliste

Choisir deux boules simultanément

Question : Une urne contient 5 boules rouges et 3 bleues. On en choisit 2 simultanément. Quelle est la probabilité d’obtenir exactement une boule de chaque couleur ?

Piège à éviter

Traiter le tirage simultané comme une liste ordonnée et compter rouge-bleu puis bleu-rouge séparément.

Méthode

Les couples de boules sont équiprobables et non ordonnés. On dénombre tous les couples, puis les couples favorables.

Calcul

Nombre total : C(8,2) = 28

Nombre favorable : C(5,1) × C(3,1) = 15

P(exactement une de chaque couleur) = 15/28 ≈ 0,536

Pourquoi cette méthode ?

Le dénombrement transforme la probabilité en rapport entre cas favorables et cas possibles équiprobables.

Réponse

La probabilité d’obtenir une boule de chaque couleur est 15/28, soit environ 53,6 %.

Erreurs fréquentes

  • Compter deux fois le même cas parce que deux descriptions représentent le même objet.
  • Oublier un cas parce que les catégories ne couvrent pas toutes les possibilités.
  • Confondre une sélection sans ordre et une liste ordonnée.
  • Utiliser C(n,k) alors que les rôles ou les positions distinguent les éléments.
  • Écrire n! dès qu’un entier n apparaît, sans identifier une permutation.
  • Multiplier des effectifs alors que les situations sont des cas alternatifs.

Avant de calculer, je vérifie…

  • J’ai décrit précisément ce que je compte.
  • J’ai vérifié si les catégories sont disjointes avant d’additionner.
  • J’ai repéré les choix successifs avant de multiplier.
  • J’ai décidé si l’ordre change ou non le résultat.
  • J’ai vérifié si une répétition est autorisée.
  • J’ai justifié l’usage de n! ou de C(n,k).
  • J’ai recherché un éventuel double comptage.
  • J’ai relu la réponse dans le contexte de la question.

Poursuivre avec les chapitres liés

Le test final avant d’écrire une formule

Si échanger deux éléments change le résultat, l'ordre compte. Si l'échange ne change rien, cherche plutôt une combinaison. Cette question évite l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Appliquer le dénombrement à la loi binomiale

Questions fréquentes

Comment savoir s’il faut additionner ou multiplier ?

On additionne des cas alternatifs et incompatibles. On multiplie lorsque le résultat final exige plusieurs choix successifs. Les mots « ou » et « puis » donnent un indice, mais il faut toujours vérifier la structure réelle du problème.

Quelle différence entre une permutation et une combinaison ?

Une permutation ordonne tous les objets distincts, donc l’ordre compte. Une combinaison choisit k objets parmi n sans ordre : choisir A puis B forme le même groupe que choisir B puis A.

Pourquoi 0! vaut-il 1 ?

Il existe exactement une façon d’ordonner zéro objet : ne rien placer. Cette convention rend aussi cohérentes les formules n! = n × (n−1)! et C(n,0) = 1.

La relation de Pascal est-elle au programme de Terminale ?

Oui. Le programme officiel de Terminale spécialité comprend la symétrie des coefficients binomiaux ainsi que la relation et le triangle de Pascal.

Le dénombrement est-il évalué à l’écrit de spécialité du Bac 2027 ?

Oui, il peut être évalué. Depuis la session 2024, l’épreuve porte sur l’ensemble du programme de Terminale en vigueur, qui comprend la combinatoire et le dénombrement. Cela ne permet pas de garantir qu’un sujet précis en contiendra.