Chapitre de Terminale — méthode et exercices

Équations différentielles en Terminale : méthode complète

Apprends à reconnaître, résoudre et vérifier les équations de la forme y’ = ay et y’ = ay + b, puis à utiliser une condition initiale dans un problème d’évolution.

La priorité est de distinguer la famille de solutions générales de la solution unique sélectionnée par une valeur initiale.

1. Qu’est-ce qu’une équation différentielle ?

Une équation différentielle relie une fonction inconnue à une ou plusieurs de ses dérivées. En Terminale, la notation y désigne la fonction cherchée et y’ sa dérivée.

Résoudre l’équation consiste à déterminer toutes les fonctions qui rendent l’égalité vraie sur l’intervalle étudié. Une condition comme y(0) = 5 sélectionne ensuite une seule fonction dans cette famille.

2 et 3. Résoudre les deux formes de référence

On cherche ici des solutions définies sur ℝ. L’exponentielle eᵃˣ y est définie et dérivable, et la constante réelle C distingue les fonctions de la famille. Une condition initiale fixera ensuite une valeur unique de C.

ÉquationConditionSolution particulière constanteSolution générale
y’ = aya est un réel0y(x) = Ceᵃˣ, C ∈ ℝ
y’ = ay + ba ≠ 0−b/ay(x) = −b/a + Ceᵃˣ, C ∈ ℝ

4. Trouver une solution particulière constante

Pour y’ = ay + b avec a ≠ 0, cherche y(x) = k. Alors y’ = 0 et 0 = ak + b, donc k = −b/a.

Pourquoi ajouter Ceᵃˣ ?

Si yₚ est une solution particulière, la différence y − yₚ vérifie l’équation homogène z’ = az. Elle est donc de la forme Ceᵃˣ.

4 et 5. Utiliser une condition initiale et déterminer la constante

Si y(x) = −b/a + Ceᵃˣ et y(x₀) = y₀, on remplace x par x₀ et y(x₀) par y₀ :

y₀ = −b/a + C e^(a x₀)

On résout cette équation pour C. Une écriture directe utile est y(x) = −b/a + (y₀ + b/a)e^(a(x − x₀)).

6. Vérifier qu’une fonction est solution

  1. 1Préciser l’intervalle sur lequel la fonction est définie et dérivable.
  2. 2Calculer sa dérivée avec soin.
  3. 3Calculer séparément le membre droit ay ou ay + b.
  4. 4Comparer les expressions pour tout x de l’intervalle, puis vérifier la condition initiale si elle existe.

7. Étudier le comportement d’une solution

Dans y(x) = −b/a + Ceᵃˣ, le nombre −b/a est l’état d’équilibre. Si a < 0, eᵃˣ tend vers 0 lorsque x tend vers +∞ : toute solution tend alors vers −b/a.

Si a > 0, le terme Ceᵃˣ peut croître en valeur absolue. Le sens de variation dépend aussi de C, puisque y’(x) = aCeᵃˣ et eᵃˣ est strictement positif.

8. Modéliser une évolution simple

L’équation décrit un modèle choisi pour la situation. Il faut identifier la grandeur, la variable, l’unité et la valeur initiale avant de calculer.

Température

T’ = −k(T − Tₑ) modélise un rapprochement vers une température d’équilibre Tₑ, avec k > 0.

Population

P’ = aP décrit une croissance ou une décroissance proportionnelle à la population dans un modèle simplifié.

Concentration

C’ = −kC + q peut représenter une élimination proportionnelle et un apport constant.

Autre évolution

Une quantité financière ou physique peut suivre le même modèle si les hypothèses du problème le justifient.

Quatre exercices corrigés progressifs

Exercice 1 — résolution directe

Résoudre y’ = −2y

Énoncé : Déterminer toutes les fonctions dérivables sur ℝ qui vérifient y’ = −2y.

Méthode

Reconnaître la forme y’ = ay avec a = −2.

Calculs

La famille attendue est y(x) = Ce⁻²ˣ.

C est une constante réelle quelconque.

Justification

Pour y(x) = Ce⁻²ˣ, on obtient y’(x) = −2Ce⁻²ˣ = −2y(x). Réciproquement, le résultat de cours donne toutes les solutions de cette forme.

Conclusion

Les solutions sur ℝ sont exactement les fonctions y(x) = Ce⁻²ˣ, avec C ∈ ℝ.

Erreur fréquente associée

Remplacer Ce⁻²ˣ par Ce²ˣ et perdre le signe négatif du coefficient a.

Exercice 2 — équation avec second membre

Résoudre y’ = 3y − 6

Énoncé : Déterminer toutes les fonctions dérivables sur ℝ qui vérifient y’ = 3y − 6.

Méthode

Reconnaître y’ = ay + b avec a = 3 et b = −6, puis chercher la solution particulière constante.

Calculs

La solution particulière constante vaut −b/a = −(−6)/3 = 2.

La solution générale est y(x) = 2 + Ce³ˣ.

La constante C peut prendre n’importe quelle valeur réelle puisqu’aucune condition initiale n’est donnée.

Justification

Pour y(x) = 2 + Ce³ˣ, y’(x) = 3Ce³ˣ et 3y(x) − 6 = 3(2 + Ce³ˣ) − 6 = 3Ce³ˣ.

Conclusion

Les solutions sur ℝ sont exactement y(x) = 2 + Ce³ˣ, avec C ∈ ℝ.

Erreur fréquente associée

Écrire seulement Ce³ˣ et oublier la solution particulière constante 2.

Exercice 3 — condition initiale et vérification

Résoudre y’ = −y + 2 avec y(0) = 6

Énoncé : Déterminer la solution vérifiant la condition initiale, puis vérifier le résultat obtenu.

Méthode

Écrire la solution générale, déterminer C avec y(0) = 6, puis comparer y’ à −y + 2.

Calculs

Ici a = −1 et b = 2 ; la solution particulière vaut −b/a = 2.

La solution générale est y(x) = 2 + Ce⁻ˣ.

y(0) = 2 + C = 6, donc C = 4.

Pour y(x) = 2 + 4e⁻ˣ, y’(x) = −4e⁻ˣ et −y(x) + 2 = −4e⁻ˣ.

Justification

L’équation différentielle et la condition y(0) = 6 sont toutes deux vérifiées sur ℝ ; la condition initiale sélectionne une unique fonction dans la famille.

Conclusion

L’unique solution cherchée est y(x) = 2 + 4e⁻ˣ.

Erreur fréquente associée

Vérifier seulement y(0) = 6 sans contrôler l’égalité y’ = −y + 2 pour tout réel x.

Exercice 4 — modélisation

Refroidissement vers la température ambiante

Énoncé : Pour t ≥ 0, la température T, en °C, d’un objet vérifie T’ = −0,25T + 5, où t est exprimé en heures. On donne T(0) = 80. Déterminer T(t), puis T(4).

Méthode

Résoudre l’équation y’ = ay + b, appliquer la condition initiale, puis interpréter la valeur calculée.

Calculs

Ici a = −0,25 et b = 5 ; la solution particulière constante vaut −b/a = 20.

T(t) = 20 + Ce⁻⁰·²⁵ᵗ.

T(0) = 20 + C = 80, donc C = 60.

T(4) = 20 + 60e⁻¹ ≈ 42,1.

Justification

La constante 20 correspond à l’état d’équilibre du modèle, car −0,25 × 20 + 5 = 0.

Conclusion

Selon ce modèle, T(t) = 20 + 60e⁻⁰·²⁵ᵗ et la température après 4 heures est d’environ 42,1 °C.

Erreur fréquente associée

Oublier l’unité, le caractère approché de T(4) ou le domaine t ≥ 0 du modèle.

Fiche méthode

  1. 1. Identifier a et, s’il existe, b.
  2. 2. Écrire la solution générale adaptée.
  3. 3. Utiliser la condition initiale pour déterminer C.
  4. 4. Vérifier ou étudier la solution selon la question.
  5. 5. Conclure dans le contexte.

9. Erreurs fréquentes

  • Écrire une constante unique alors qu’aucune condition initiale n’est donnée.
  • Oublier le terme particulier −b/a dans l’équation y’ = ay + b.
  • Confondre eᵃˣ et aeˣ.
  • Déterminer C sans remplacer à la fois x et y(x) par les données initiales.
  • Vérifier seulement la condition initiale sans vérifier l’équation différentielle.
  • Conclure sur le comportement sans tenir compte du signe de a et de la constante C.

Checklist avant de rendre

  • J’ai identifié la forme y’ = ay ou y’ = ay + b.
  • Dans le second cas, j’ai vérifié que a ≠ 0.
  • J’ai distingué une solution particulière de la solution générale.
  • J’ai conservé une constante réelle C tant qu’aucune valeur initiale ne la fixe.
  • J’ai remplacé correctement x₀ et y(x₀) pour déterminer C.
  • Pour une vérification, j’ai calculé y’ puis comparé les deux membres.
  • Ma conclusion répond au contexte et précise l’unité si nécessaire.

Ressources liées

Vérifie la distinction entre les deux formes

Une question du quiz Terminale porte sur la solution générale de l’équation y’ = ay.

Faire les questions associées

Questions fréquentes

Quelle est la solution générale de y’ = ay ?

Pour un réel a, les solutions sur ℝ sont les fonctions y définies par y(x) = Ce^(ax), où C est une constante réelle.

Comment résoudre y’ = ay + b lorsque a est non nul ?

On repère la solution particulière constante −b/a. Toutes les solutions sont alors y(x) = −b/a + Ce^(ax), avec C réel.

À quoi sert une condition initiale ?

Elle sélectionne une seule solution dans la famille générale. On remplace x et y(x) par la valeur initiale donnée, puis on résout l’équation obtenue pour déterminer C.

Comment vérifier qu’une fonction est solution ?

On vérifie que la fonction est dérivable sur l’intervalle étudié, on calcule sa dérivée et on montre que l’égalité de l’équation différentielle est vraie pour tout x de cet intervalle.