4. Trouver une solution particulière constante
Pour y’ = ay + b avec a ≠ 0, cherche y(x) = k. Alors y’ = 0 et 0 = ak + b, donc k = −b/a.
Chapitre de Terminale — méthode et exercices
Apprends à reconnaître, résoudre et vérifier les équations de la forme y’ = ay et y’ = ay + b, puis à utiliser une condition initiale dans un problème d’évolution.
La priorité est de distinguer la famille de solutions générales de la solution unique sélectionnée par une valeur initiale.
Une équation différentielle relie une fonction inconnue à une ou plusieurs de ses dérivées. En Terminale, la notation y désigne la fonction cherchée et y’ sa dérivée.
Résoudre l’équation consiste à déterminer toutes les fonctions qui rendent l’égalité vraie sur l’intervalle étudié. Une condition comme y(0) = 5 sélectionne ensuite une seule fonction dans cette famille.
On cherche ici des solutions définies sur ℝ. L’exponentielle eᵃˣ y est définie et dérivable, et la constante réelle C distingue les fonctions de la famille. Une condition initiale fixera ensuite une valeur unique de C.
| Équation | Condition | Solution particulière constante | Solution générale |
|---|---|---|---|
| y’ = ay | a est un réel | 0 | y(x) = Ceᵃˣ, C ∈ ℝ |
| y’ = ay + b | a ≠ 0 | −b/a | y(x) = −b/a + Ceᵃˣ, C ∈ ℝ |
Pour y’ = ay + b avec a ≠ 0, cherche y(x) = k. Alors y’ = 0 et 0 = ak + b, donc k = −b/a.
Si yₚ est une solution particulière, la différence y − yₚ vérifie l’équation homogène z’ = az. Elle est donc de la forme Ceᵃˣ.
Si y(x) = −b/a + Ceᵃˣ et y(x₀) = y₀, on remplace x par x₀ et y(x₀) par y₀ :
y₀ = −b/a + C e^(a x₀)
On résout cette équation pour C. Une écriture directe utile est y(x) = −b/a + (y₀ + b/a)e^(a(x − x₀)).
Dans y(x) = −b/a + Ceᵃˣ, le nombre −b/a est l’état d’équilibre. Si a < 0, eᵃˣ tend vers 0 lorsque x tend vers +∞ : toute solution tend alors vers −b/a.
Si a > 0, le terme Ceᵃˣ peut croître en valeur absolue. Le sens de variation dépend aussi de C, puisque y’(x) = aCeᵃˣ et eᵃˣ est strictement positif.
L’équation décrit un modèle choisi pour la situation. Il faut identifier la grandeur, la variable, l’unité et la valeur initiale avant de calculer.
T’ = −k(T − Tₑ) modélise un rapprochement vers une température d’équilibre Tₑ, avec k > 0.
P’ = aP décrit une croissance ou une décroissance proportionnelle à la population dans un modèle simplifié.
C’ = −kC + q peut représenter une élimination proportionnelle et un apport constant.
Une quantité financière ou physique peut suivre le même modèle si les hypothèses du problème le justifient.
Exercice 1 — résolution directe
Énoncé : Déterminer toutes les fonctions dérivables sur ℝ qui vérifient y’ = −2y.
Reconnaître la forme y’ = ay avec a = −2.
La famille attendue est y(x) = Ce⁻²ˣ.
C est une constante réelle quelconque.
Pour y(x) = Ce⁻²ˣ, on obtient y’(x) = −2Ce⁻²ˣ = −2y(x). Réciproquement, le résultat de cours donne toutes les solutions de cette forme.
Les solutions sur ℝ sont exactement les fonctions y(x) = Ce⁻²ˣ, avec C ∈ ℝ.
Remplacer Ce⁻²ˣ par Ce²ˣ et perdre le signe négatif du coefficient a.
Exercice 2 — équation avec second membre
Énoncé : Déterminer toutes les fonctions dérivables sur ℝ qui vérifient y’ = 3y − 6.
Reconnaître y’ = ay + b avec a = 3 et b = −6, puis chercher la solution particulière constante.
La solution particulière constante vaut −b/a = −(−6)/3 = 2.
La solution générale est y(x) = 2 + Ce³ˣ.
La constante C peut prendre n’importe quelle valeur réelle puisqu’aucune condition initiale n’est donnée.
Pour y(x) = 2 + Ce³ˣ, y’(x) = 3Ce³ˣ et 3y(x) − 6 = 3(2 + Ce³ˣ) − 6 = 3Ce³ˣ.
Les solutions sur ℝ sont exactement y(x) = 2 + Ce³ˣ, avec C ∈ ℝ.
Écrire seulement Ce³ˣ et oublier la solution particulière constante 2.
Exercice 3 — condition initiale et vérification
Énoncé : Déterminer la solution vérifiant la condition initiale, puis vérifier le résultat obtenu.
Écrire la solution générale, déterminer C avec y(0) = 6, puis comparer y’ à −y + 2.
Ici a = −1 et b = 2 ; la solution particulière vaut −b/a = 2.
La solution générale est y(x) = 2 + Ce⁻ˣ.
y(0) = 2 + C = 6, donc C = 4.
Pour y(x) = 2 + 4e⁻ˣ, y’(x) = −4e⁻ˣ et −y(x) + 2 = −4e⁻ˣ.
L’équation différentielle et la condition y(0) = 6 sont toutes deux vérifiées sur ℝ ; la condition initiale sélectionne une unique fonction dans la famille.
L’unique solution cherchée est y(x) = 2 + 4e⁻ˣ.
Vérifier seulement y(0) = 6 sans contrôler l’égalité y’ = −y + 2 pour tout réel x.
Exercice 4 — modélisation
Énoncé : Pour t ≥ 0, la température T, en °C, d’un objet vérifie T’ = −0,25T + 5, où t est exprimé en heures. On donne T(0) = 80. Déterminer T(t), puis T(4).
Résoudre l’équation y’ = ay + b, appliquer la condition initiale, puis interpréter la valeur calculée.
Ici a = −0,25 et b = 5 ; la solution particulière constante vaut −b/a = 20.
T(t) = 20 + Ce⁻⁰·²⁵ᵗ.
T(0) = 20 + C = 80, donc C = 60.
T(4) = 20 + 60e⁻¹ ≈ 42,1.
La constante 20 correspond à l’état d’équilibre du modèle, car −0,25 × 20 + 5 = 0.
Selon ce modèle, T(t) = 20 + 60e⁻⁰·²⁵ᵗ et la température après 4 heures est d’environ 42,1 °C.
Oublier l’unité, le caractère approché de T(4) ou le domaine t ≥ 0 du modèle.
Ressources liées
Une question du quiz Terminale porte sur la solution générale de l’équation y’ = ay.
Faire les questions associéesPour un réel a, les solutions sur ℝ sont les fonctions y définies par y(x) = Ce^(ax), où C est une constante réelle.
On repère la solution particulière constante −b/a. Toutes les solutions sont alors y(x) = −b/a + Ce^(ax), avec C réel.
Elle sélectionne une seule solution dans la famille générale. On remplace x et y(x) par la valeur initiale donnée, puis on résout l’équation obtenue pour déterminer C.
On vérifie que la fonction est dérivable sur l’intervalle étudié, on calcule sa dérivée et on montre que l’égalité de l’équation différentielle est vraie pour tout x de cet intervalle.