Schémas de raisonnement — Terminale spécialité maths

Les démonstrations à connaître en Terminale spécialité maths

Cette page aide à choisir et construire un raisonnement. Elle ne prétend pas fournir une liste officielle à réciter : les exemples montrent des structures utiles à adapter aux données de chaque exercice.

Construire le raisonnement

Objectif, hypothèses, étapes logiques et conclusion.

Résoudre une équation différentielle

Une fiche dédiée explique les familles de solutions, la vérification et les conditions initiales.

Voir la méthode complète

Tableau objectif → outil à utiliser

Commence par le verbe de la consigne. Il indique souvent la famille de raisonnement avant même le premier calcul.

ObjectifOutil à envisager
Prouver une propriété pour tout entierRécurrence
Montrer qu’une suite monte ou descendDifférence, quotient ou fonction associée
Déterminer les variations d’une fonctionSigne de la dérivée
Établir l’existence d’une solutionContinuité et TVI
Établir l’existence et l’unicité d’une solutionTVI pour l’existence, stricte monotonie pour l’unicité
Montrer qu’une fonction est convexeSigne de la dérivée seconde
Prouver une indépendanceComparer P(A ∩ B) et P(A)P(B)
Tester une appartenanceSubstitution ou même paramètre
Tester colinéarité ou orthogonalitéMultiple ou produit scalaire
Justifier une limiteTransformation puis théorème adapté
Vérifier une primitiveDériver l’expression proposée

1. Démonstration par récurrence

Objectif : Établir qu’une propriété P(n) est vraie pour tout entier n à partir d’un rang n₀.

Hypothèses nécessaires

  • La propriété P(n) est formulée précisément.
  • Le premier rang n₀ concerné est identifié.
  • Dans l’hérédité, k est un entier arbitraire vérifiant k ≥ n₀.

Schéma logique

  1. 1Initialisation : vérifier directement P(n₀).
  2. 2Hérédité : supposer P(k) vraie pour un entier k ≥ n₀, puis démontrer P(k + 1).
  3. 3Conclusion : invoquer le principe de récurrence pour tous les entiers n ≥ n₀.

Exemple court

Si u₀ = 1 et uₙ₊₁ = (uₙ + 3)/2, on prouve uₙ ≤ 3. Au rang 0, 1 ≤ 3. Si uₖ ≤ 3, alors uₖ₊₁ ≤ (3 + 3)/2 = 3.

Rédaction type

La propriété est initialisée au rang 0 et elle est héréditaire. D’après le principe de récurrence, uₙ ≤ 3 pour tout n ∈ ℕ.

Erreur fréquente : Écrire P(k + 1) dans l’hypothèse de récurrence : l’hypothèse porte uniquement sur P(k).

Méthode : étudier une suite

2. Montrer qu’une suite est monotone

Objectif : Déterminer si une suite est croissante ou décroissante sur les rangs étudiés.

Hypothèses nécessaires

  • La suite est définie pour tous les rangs comparés.
  • Pour utiliser uₙ₊₁/uₙ, les termes concernés sont strictement positifs.
  • Pour une fonction associée uₙ = f(n), les variations de f sont établies sur un intervalle contenant les rangs.

Schéma logique

  1. 1Calculer uₙ₊₁ − uₙ et étudier son signe.
  2. 2Ou, si uₙ > 0, comparer uₙ₊₁/uₙ à 1.
  3. 3Ou étudier une fonction f telle que uₙ = f(n), si cette voie simplifie le problème.
  4. 4Conclure sur l’ensemble exact des rangs concernés.

Exemple court

Pour uₙ = 1/(n + 1), uₙ₊₁ − uₙ = −1/[(n + 1)(n + 2)] < 0 pour tout n ∈ ℕ. La suite est donc strictement décroissante.

Rédaction type

Pour tout n ∈ ℕ, uₙ₊₁ − uₙ < 0. On en déduit que la suite (uₙ) est strictement décroissante.

Erreur fréquente : Comparer le quotient à 1 sans avoir vérifié que les termes sont strictement positifs.

Méthode : étudier une suite

3. Justifier les variations d’une fonction

Objectif : Passer du calcul de f′ au sens de variation de f sur un intervalle.

Hypothèses nécessaires

  • La fonction f est dérivable sur l’intervalle étudié.
  • Le signe de f′ est déterminé sur tout cet intervalle.

Schéma logique

  1. 1Calculer et simplifier f′(x).
  2. 2Étudier le signe de f′, en factorisant si nécessaire.
  3. 3Relier f′ ≥ 0 à la croissance et f′ ≤ 0 à la décroissance.
  4. 4Indiquer les valeurs de f utiles dans le tableau.

Exemple court

Pour f(x) = x² − 4x + 1, f′(x) = 2x − 4. La dérivée est négative si x < 2 et positive si x > 2 : f décroît sur ]−∞ ; 2] puis croît sur [2 ; +∞[.

Rédaction type

La fonction f est dérivable sur ℝ. Le signe de f′ montre que f est décroissante sur ]−∞ ; 2] puis croissante sur [2 ; +∞[.

Erreur fréquente : Déduire les variations du signe de f au lieu du signe de f′.

Méthode : tableau de variation

4. Utiliser le théorème des valeurs intermédiaires

Objectif : Démontrer l’existence d’une solution à f(x) = k, puis son unicité si elle est demandée.

Hypothèses nécessaires

  • La fonction f est continue sur un intervalle fermé [a ; b].
  • La valeur k est comprise entre f(a) et f(b).
  • Pour l’unicité, f est strictement monotone sur l’intervalle.

Schéma logique

  1. 1Établir la continuité sur [a ; b].
  2. 2Calculer f(a) et f(b), puis vérifier l’encadrement de k.
  3. 3Appliquer le TVI pour obtenir au moins une solution.
  4. 4Ajouter la stricte monotonie pour conclure à l’unicité.

Exemple court

Pour f(x) = x³ + x − 1 sur [0 ; 1], f est continue, f(0) = −1 et f(1) = 1. Il existe donc α ∈ [0 ; 1] tel que f(α) = 0. Comme f′(x) = 3x² + 1 > 0, cette solution est unique.

Rédaction type

Les hypothèses du TVI sont vérifiées : l’équation f(x) = 0 admet au moins une solution sur [0 ; 1]. La stricte croissance de f assure son unicité.

Erreur fréquente : Dire que le TVI donne directement une solution unique : il donne l’existence, l’unicité exige un argument supplémentaire.

Méthode : continuité et limites

5. Montrer qu’une fonction est convexe

Objectif : Établir la convexité ou la concavité d’une fonction sur un intervalle.

Hypothèses nécessaires

  • La fonction est deux fois dérivable sur l’intervalle étudié.
  • Le signe de f″ est connu sur tout l’intervalle.

Schéma logique

  1. 1Calculer f″(x).
  2. 2Étudier son signe sur l’intervalle.
  3. 3Conclure : f″ ≥ 0 implique la convexité ; f″ ≤ 0 implique la concavité.
  4. 4Si f″ change de signe en a, conclure que la courbe admet un point d’inflexion d’abscisse a.

Exemple court

Pour f(x) = eˣ + x², f″(x) = eˣ + 2 > 0 pour tout réel x. La fonction f est donc strictement convexe sur ℝ.

Rédaction type

Pour tout x ∈ ℝ, f″(x) > 0. La fonction f est donc strictement convexe sur ℝ.

Erreur fréquente : Utiliser le signe de f′ pour conclure à la convexité : ce signe décrit les variations de f, pas la courbure.

Méthode : variations et convexité

6. Prouver l’indépendance de deux événements

Objectif : Vérifier que la réalisation d’un événement ne modifie pas la probabilité de l’autre.

Hypothèses nécessaires

  • Les probabilités P(A), P(B) et P(A ∩ B) sont connues ou calculables.
  • Les événements sont définis dans le même univers probabilisé.

Schéma logique

  1. 1Calculer P(A ∩ B).
  2. 2Calculer séparément P(A)P(B).
  3. 3Comparer les deux valeurs.
  4. 4Conclure à l’indépendance si et seulement si elles sont égales.

Exemple court

On lance un dé équilibré. A = « obtenir un nombre pair » et B = « obtenir un multiple de 3 ». P(A) = 1/2, P(B) = 1/3 et P(A ∩ B) = P({6}) = 1/6 = P(A)P(B). A et B sont indépendants.

Rédaction type

Comme P(A ∩ B) = P(A)P(B), les événements A et B sont indépendants.

Erreur fréquente : Confondre indépendance et incompatibilité : des événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont pas indépendants.

Méthode : probabilités conditionnelles

7. Montrer qu’un point appartient à une droite ou un plan

Objectif : Vérifier qu’un point satisfait toutes les contraintes définissant l’objet géométrique.

Hypothèses nécessaires

  • Les coordonnées du point et une équation ou représentation de l’objet sont connues.
  • Pour une droite paramétrée, une même valeur du paramètre doit convenir aux trois coordonnées.

Schéma logique

  1. 1Pour un plan, remplacer x, y et z dans son équation cartésienne.
  2. 2Pour une droite, écrire le système obtenu avec les coordonnées du point.
  3. 3Chercher une seule valeur du paramètre vérifiant toutes les lignes.
  4. 4Conclure explicitement à l’appartenance ou à la non-appartenance.

Exemple court

Le point A(2 ; 1 ; 0) vérifie 2 + 2 × 1 − 0 − 4 = 0. Il appartient donc au plan d’équation x + 2y − z − 4 = 0.

Rédaction type

Les coordonnées de A vérifient l’équation cartésienne du plan ; par conséquent, A appartient à ce plan.

Erreur fréquente : Trouver des valeurs différentes du paramètre dans les trois coordonnées d’une droite et conclure tout de même à l’appartenance.

Méthode : géométrie dans l’espace

8. Montrer que deux vecteurs sont colinéaires ou orthogonaux

Objectif : Comparer les directions de deux vecteurs ou établir leur orthogonalité.

Hypothèses nécessaires

  • Les vecteurs sont exprimés dans un même repère.
  • Pour caractériser la colinéarité par v⃗ = λu⃗, le vecteur u⃗ est non nul ; le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.
  • La formule coordonnée du produit scalaire suppose un repère orthonormé.

Schéma logique

  1. 1Si u⃗ ≠ 0⃗, colinéarité : chercher un réel λ tel que v⃗ = λu⃗.
  2. 2Orthogonalité : calculer u⃗ · v⃗ dans un repère orthonormé.
  3. 3Conclure avec le vocabulaire géométrique adapté.

Exemple court

Les vecteurs u⃗ = (1 ; 2 ; −1) et v⃗ = (2 ; 4 ; −2) vérifient v⃗ = 2u⃗ : ils sont colinéaires. Dans un repère orthonormé, (1 ; 1 ; 0) · (1 ; −1 ; 2) = 0 : ces deux vecteurs sont orthogonaux.

Rédaction type

Il existe λ = 2 tel que v⃗ = λu⃗ ; les vecteurs sont donc colinéaires.

Erreur fréquente : Comparer séparément des quotients de coordonnées lorsqu’un dénominateur est nul ; l’écriture v⃗ = λu⃗ est plus sûre.

Méthode : géométrie dans l’espace

9. Justifier une limite

Objectif : Transformer une expression pour appliquer une limite usuelle ou une opération autorisée sur les limites.

Hypothèses nécessaires

  • La borne étudiée est indiquée.
  • L’expression est définie sur un voisinage épointé de la borne ; si la règle du quotient ne s’applique pas directement, l’expression est transformée.
  • Aucune forme indéterminée n’est traitée comme un calcul ordinaire.

Schéma logique

  1. 1Identifier une éventuelle forme indéterminée.
  2. 2Factoriser, simplifier, encadrer ou utiliser une croissance comparée.
  3. 3Appliquer les règles sur les limites à l’expression transformée.
  4. 4Écrire la borne et la valeur dans la conclusion.

Exemple court

Quand x tend vers +∞, (3x² − x)/(x² + 1) = (3 − 1/x)/(1 + 1/x²). Les termes 1/x et 1/x² tendent vers 0, donc le quotient tend vers 3.

Rédaction type

Après factorisation par x² au numérateur et au dénominateur, les règles sur les limites donnent lim f(x) = 3 lorsque x tend vers +∞.

Erreur fréquente : Écrire ∞/∞ = 1 : il s’agit d’une forme indéterminée qu’il faut d’abord transformer.

Méthode : calculer une limite

10. Montrer qu’une expression est une primitive

Objectif : Vérifier qu’une fonction F est une primitive d’une fonction f sur un intervalle.

Hypothèses nécessaires

  • La fonction F est dérivable sur l’intervalle étudié.
  • L’égalité F′(x) = f(x) est vérifiée pour tout x de cet intervalle.

Schéma logique

  1. 1Déterminer l’intervalle sur lequel F est dérivable.
  2. 2Calculer F′(x) en détaillant les règles utiles.
  3. 3Simplifier et comparer le résultat à f(x).
  4. 4Conclure sur l’intervalle exact.

Exemple court

Pour F(x) = x³/3 + eˣ et f(x) = x² + eˣ, on a F′(x) = x² + eˣ = f(x) pour tout x ∈ ℝ. F est donc une primitive de f sur ℝ.

Rédaction type

La fonction F est dérivable sur ℝ et F′ = f ; F est donc une primitive de f sur ℝ.

Erreur fréquente : Se contenter de reconnaître la forme sans dériver, ou oublier que toutes les primitives sont ensuite de la forme F + C sur un intervalle.

Méthode : primitives et intégrales

Checklist logique

  • J’ai reformulé précisément ce qu’il faut démontrer.
  • J’ai identifié les hypothèses données et celles qu’il faut établir.
  • Chaque implication repose sur une propriété nommée ou un calcul visible.
  • Je n’utilise pas la conclusion comme hypothèse.
  • Les intervalles, rangs ou événements sont explicités.
  • Ma conclusion reprend exactement l’objectif de départ.

Continuer selon l’objectif

Questions fréquentes

Existe-t-il une liste officielle de démonstrations à apprendre par cœur ?

Cette page ne présente pas une liste officielle imposée. Elle rassemble des schémas de raisonnement utiles pour comprendre et résoudre des exercices de Terminale et des sujets type Bac.

Faut-il mémoriser toutes les rédactions types ?

Il vaut mieux mémoriser la structure logique et les hypothèses à vérifier. La rédaction doit ensuite être adaptée aux fonctions, suites, événements et intervalles de l’exercice.

Quelle différence avec la page sur la rédaction au Bac Maths ?

La page rédaction explique comment formuler une justification. Cette page explique quel raisonnement construire selon l’objectif : récurrence, monotonie, existence, indépendance ou appartenance.

Le TVI prouve-t-il qu’une solution est unique ?

Non. Le TVI établit l’existence d’au moins une solution sous ses hypothèses. L’unicité demande par exemple de montrer que la fonction est strictement monotone sur l’intervalle.